Notre démarche
Garante de la sécurité dans la distribution des produits de santé et la délivrance des ordonnances médicales, la pharmacie est aussi un lieu d’orientation, de conseil et d’accompagnement, c'est-à-dire un prestataire de soins...
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Actualité du jour
22 Mars 2010
Revue de presse
  • 22/03/2010: Le libre accès commence à convaincre
    Le Quotidien du Pharmacien

    On connaît mieux aujourd’hui le profil des utilisateurs du libre accès dans les pharmacies, leurs motivations et leurs appréhensions. Ils conservent toute leur confiance dans le conseil pharmaceutique. Quant aux médicaments concernés, ils ne sont pas considérés comme plus chers ou moins sûrs. Menée auprès de 511 clients des officines, une enquête marketing de l’université Pierre et Marie Curie évoque tous les aspects de cette nouvelle offre en pharmacie.


    Le libre accès va souffler ses deux bougies en juillet prochain. On peut se demander si cette nouvelle proposition en pharmacie a convaincu les consommateurs et si elle commence à entrer dans les mentalités. Pour le savoir, le GERMS (Groupe d’études et de recherche en marketing santé) de l’université Pierre et Marie Curie a renouvelé son enquête menée l’an dernier auprès des clients d’officines (voir le « Quotidien » du 16 mars 2009). Entre décembre 2009 et janvier 2010, 511 personnes ont donc livré leur point de vue sur ce sujet, invités à répondre aux questions en direct ou par le biais d’Internet (notamment via le site Facebook). En premier lieu, ils se sont prononcés sur leur approche de l’automédication.


    Elle est pratiquée, avec plus ou moins de conviction, par 85 % des clients inclus dans l’enquête. Ils sont plus de la moitié (53 %) à acheter une à quatre fois par an des médicaments sans ordonnance. Le recours au médecin reste limité en cas de pathologie bénigne.


    Cependant, on peut s’interroger sur la sécurité qui entoure la démarche d’automédication. Près de 80 % des personnes la pratiquent à partir de prescriptions antérieures. La confiance dans le médicament semble forte, puisque seulement un client sur deux affirme lire les notices. Les consommateurs auraient-ils aujourd’hui une meilleure connaissance du médicament ? On en doute, car 4 personnes sur 10 ignorent, par exemple, la posologie maximale de l’ibuprofène. Voilà pourquoi le conseil officinal reste utile et même indispensable. C’est l’avis de 9 personnes sur 10. Dans 70 % des cas, les clients demandent conseil au pharmacien quand ils viennent sans ordonnance à la pharmacie. Ils sont prêts à attendre pour cela. La moitié de l’effectif trouve que le temps d’attente en officine n’est pas trop long. Concernant le prix du produit, il entre en ligne de compte dans le choix d’un médicament pour près de la moitié des individus. Mais 70 % des personnes affirment qu’elles ne font jamais de comparaison entre les officines à ce sujet. Autre paradoxe, pour 85 % des personnes, le prix de produits d’automédication très courants n’est pas connu.


    Confiance renforcée envers le pharmacien


    Le libre accès serait aujourd’hui en place dans la moitié des pharmacies françaises. Mais les consommateurs interrogés par le GERMS estiment qu’ils ne sont pas suffisamment informés sur ce rayon (médicaments concernés, prix, objectifs de la mesure), dans 83 % des cas. Ils ont confiance dans le pharmacien pour leur donner ces informations (43 %), bien avant le médecin (31 %), les magazines (16 %) ou les sites Internet (6 %) dédiés à la santé.


    Le libre accès permet surtout au consommateur de gagner du temps. L’attente est moindre en terme de promotions ponctuelles. De plus, les clients ne pensent pas que le libre accès va leur permettre de mieux choisir les médicaments, ni de faire baisser les prix. Pour les consommateurs, ce rayon n’a pas non plus vocation à leur faire découvrir de nouveaux produits. D’ailleurs, les têtes d’affiche du libre accès (Nurofen, Humex, Strepsil, etc.) ont amélioré leur notoriété. Au final, les médicaments placés en libre accès ne sont pas considérés comme plus coûteux, moins efficaces ou moins sûrs que les autres.


    Par ailleurs, le libre accès ne modifie pas l’image du pharmacien auprès du public. Son rôle est toujours aussi important pour 46 % des clients interrogés, et même renforcé (20 % des répondants). Ses conseils sont toujours autant sollicités, pour près des deux tiers des consommateurs. Cependant, ceux-ci craignent que le pharmacien en devienne moins disponible. Selon eux, ce rayon ne lui donne pas spécifiquement une image de modernité. À l’inverse des adeptes du libre accès, pour lesquels le pharmacien investi est perçu comme plus disponible et plus dynamique.


    Le rayon du libre accès gagne en notoriété, mais il ne remporte pas encore toutes les adhésions. Près de 6 consommateurs sur 10 répondent qu’ils ne l’utilisent jamais. Les vrais adeptes ne sont pas encore légion : 11 % des clients se sont tournés vers ce rayon 5 fois au moins. Mais les déçus ne sont pas très nombreux non plus. Dans 14 % des cas, on n’y aura plus recours. Si, globalement, la demande d’informations reste forte, on commence à entrevoir la portée pédagogique du libre accès auprès de ses utilisateurs, estime Deborah Wallet Wodka, maître de conférence à l’université Pierre et Marie Curie et coordinatrice de l’enquête. À ses yeux, le consommateur français, de plus en plus avisé sur les questions de santé, marche sur les pas de son congénère anglo-saxon.


    D’après une conférence organisée par l’AFIPA (Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable).


    * Enquête conduite selon la méthode des quotas. 58 % des personnes ayant répondu sont des femmes. 47 % des participants habitent une ville de 10 000 à 100 000 habitants. Les jeunes (18-35 ans) représentent 44,6 % de l’échantillon. Les seniors (plus de 56 ans), 25,8 %. Les 29,5 % restants sont dans la catégorie d’âge intermédiaire.


    Profil


    Le client du libre accès est plutôt jeune, âgé de 18 à 35 ans (46 % des utilisateurs déclarés) et plutôt de sexe féminin (60 %). Il a déjà tendance à pratiquer l’automédication (52 % contre 40 % pour les non-utilisateurs du rayon). Nouvelles cibles désignées par l’enquête du GERMS : les jeunes femmes de 18 à 35 ans, plus encore, les quadragénaires masculins et les femmes seniors (plus de 56 ans). Les adeptes potentiels se trouvent davantage dans les grandes villes et les zones rurales. Pour ces utilisateurs actuels ou à venir, les principaux intérêts du libre accès sont de pouvoir choisir soi-même ses médicaments (72 %), de gagner du temps (66 %) et de profiter de promos (58 %). Mais il y a aussi peur de mal faire, avec la crainte d’une consommation de médicaments non adaptés, d’interactions ou de surdosage.


    Rassurant


    Selon l’enquête du GERMS, les trois quarts des consommateurs ne veulent pas trouver de médicaments en grande et moyenne surface. Et seulement 5 % des personnes se disent prêts à acheter des médicaments sur Internet. 


    Matthieu Vandendriessche  

  • 22/03/2010: Communication des officines
    Le Quotidien du Pharmacien

    Le débat est ouvert


    Après l’offensive contre Leclerc en 2008, certains groupements de pharmaciens ont pris goût à la communication. Revendiquant leur droit à s’adresser au grand public hors les murs de l’officine, certains veulent convaincre l’Ordre de changer les règles de la communication.


    L’offensive menée par Michel-Édouard Leclerc en 2008 pour obtenir le droit de vendre des médicaments aura durablement marqué le monde officinal. D’abord par une réaction épidermique généralisée qui a mis tous les pharmaciens d’accord. Mais surtout par la salve de communication anti-Leclerc qui a suivi. Certains groupements ont apprécié de pouvoir s’adresser directement au grand public pour expliquer la valeur ajoutée du pharmacien et les raisons de conserver le médicament dans le monopole officinal. Aujourd’hui, des groupements ont continué sur cette lancée à communiquer. Trois d’entre eux en particulier défient le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP), dans l’espoir de voir évoluer les règles de la communication.


    Giphar a ouvert le feu avec une campagne valorisant le conseil pharmaceutique, présente sur des radios nationales et locales, dans des quotidiens nationaux, sur son site Internet et dans les officines.


    Quelques mois après, Lucien Bennatan, président de PHR, soumet une charte de bonne conduite en termes de communication, aux syndicats d’officines, au CNOP, au Collectif des groupements et autres groupements et enseignes. Sans réponse, PHR se lance dans une campagne de communication pour « créer la notoriété des marques enseignes Viadys et Pharmaréférence et créer le réflexe de préférence ». Au programme : radios, affichage, presse professionnelle et grand public.


    Goutte d’eau


    Giphar, présidé par Brigitte Bouzige, reprend la main début juin 2009, avec une campagne vantant le conseil officinal à la radio et par voie d’affichage au plan national. C’est la goutte d’eau pour l’Ordre qui assigne le groupement en justice, en référé. En juillet, le CNOP est débouté de ses demandes en référé, le jugement sur le fond est toujours attendu. Pour Jean Parrot, encore président de l’Ordre en juin 2009, ces campagnes grand public sont « des chiffons rouges destinés à faire entrer des clients dans telle ou telle pharmacie ». Isabelle Adenot, nouvelle présidente du CNOP, annonce qu’elle combattra vigoureusement les formes de communication qui laissent à penser qu’il existe « des réseaux dans le réseau ». Philippe Gaertner, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), est d’accord : « Communiquer autour d’un niveau de service différent dans certaines officines par rapport à d’autres, c’est prendre le risque de voir le réseau se déstructurer ». Au contraire, le président de l’Union nationale des pharmacies de France (UNPF) Claude Japhet revendique la communication des officines sur les prestations et services.


    Début juillet, Pascal Louis, président du Collectif national des groupements de pharmaciens d’officine (CNGPO), réclame une évolution de la réglementation. « Pourquoi la pharmacie d’officine serait-elle la dernière profession à ne pouvoir faire connaître son savoir-faire par l’intermédiaire de ses groupements professionnels ? »


    Groupe de travail


    Il demande à l’Ordre une concertation sur le sujet. Un vÅ“u repris par Giphar durant l’été, et entendu par Isabelle Adenot qui a organisé une réunion en décembre avec une quinzaine de groupements. Mais avant cela, l’Ordre assigne PHR en justice pour sa communication lancée en mars dernier, puis Plus Pharmacie, qui a lui aussi fait une campagne radio. Son président, Joseph-Philippe Benwaïche, souligne qu’un « système où tout le monde a le droit de communiquer sur la pharmacie », sauf les pharmaciens est inacceptable. Pour le président du groupe PHR, Lucien Bennatan, « ce n’est pas à la justice de trancher sur la façon dont la profession et les groupements peuvent communiquer ».


    Lors de la réunion de concertation, un certain consensus s’est dégagé sur le principe de la communication institutionnelle et vers les patients. Isabelle Adenot reconnaît qu’avec la mise en place de la loi Hôpital Patients Santé Territoires (HPST), la profession doit communiquer. En revanche, la question de communiquer individuellement pour les groupements et les officinaux n’a pas été tranchée. Un groupe de travail est en cours de constitution pour y réfléchir, dont la prochaine réunion ne devrait plus tarder.


    La période est donc à l’apaisement et la recherche de compromis. Ce qui n’empêche pas les groupements convaincus d’être dans leur bon droit, de continuer à communiquer. Début février, Giphar a remis le couvert avec sa campagne radio « Giphar, je sais pourquoi j’y vais ».

  • 22/03/2010: Quelle rémunération pour demain ?
    Le Quotidien du Pharmacien

    Tandis que de nombreuses voix s’élèvent pour affirmer que la marge dégressive lissée (MDL) actuellement en vigueur n’est plus adaptée, l’idée d’une rémunération complémentaire sous forme d’honoraire se fait de plus en plus précise. Des expériences ont même déjà été menées. À quand leur généralisation ?


    Tout le monde en semble aujourd’hui convaincu : le mode de rémunération des officinaux doit évoluer. L’Union nationale des pharmacies de France (UNPF) vient d’ailleurs de demander une nouvelle fois la révision de la marge dégressive lissée (MDL) instaurée il y a vingt ans et modifiée en 1999. Pour le syndicat, celle-ci « est désormais totalement inadaptée du fait d’un taux d’inflation faible et d’un ONDAM* inférieur à 3 % ». Depuis plusieurs mois, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) plaide, elle, pour une augmentation du seuil de la première tranche, de 22,90 à 27 euros.


    Il y a quelques années, les organisations professionnelles avaient déjà tiré le signal d’alarme. Pour elles, cette MDL se justifiait à l’époque pour réguler la marge des pharmaciens alors que les prix des médicaments augmentaient, notamment sous l’effet de l’arrivée en ville de produits issus de la réserve hospitalière. Or, aujourd’hui, cela n’est plus vrai. En outre, le nombre de boîtes prescrites est à la baisse. Résultat, le dispositif en vigueur conduit à la réalisation d’une marge négative d’une année sur l’autre. Une situation qui devient inacceptable.


    La loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a également changé la donne. Les nouvelles missions accordées aux pharmaciens nécessitent, en effet, une indemnisation particulière, distincte de la rémunération à la marge. Le fameux rapport rédigé par Michel Rioli et signé par l’ensemble de la profession, préconise ainsi l’évolution du mode de rémunération vers un système mixte. Celui-ci devra distinguer la marge sur le médicament, de l’honoraire sur les actes pharmaceutiques et de l’indemnisation de prestation de services, avance l’auteur.


    Des exemples.


    La ministre de la Santé n’y semble pas hostile. Au contraire. Dans le cadre du dernier Congrès des pharmaciens, à Strasbourg, Roselyne Bachelot indiquait, en effet, que, avec l’arrivée prochaine des nouvelles missions prévues par la loi HPST, la rémunération uniquement liée à la vente de produits pharmaceutiques ne lui paraissait plus forcément adaptée. Et la ministre souhaite qu’on lui fasse des propositions avant d’envisager quelque évolution que ce soit.


    Certains sont déjà passés à l’acte. En Vendée, par exemple, les pharmaciens participants à une campagne de dépistage du diabète ont reçu de leur CPAM une indemnité forfaitaire de 75 euros. Une très bonne illustration du principe de mission rémunérée prévue par la loi HPST. Plus contestée, le contrat passé entre le Collectif des groupements et l’assureur Allianz dans lequel le conseil pharmaceutique est payé à hauteur de 5 euros. Principal reproche formulé : le conventionnement individuel, qui ne permet pas une protection collective des officinaux, contrairement aux contrats signés par les syndicats. De leurs côtés, ces derniers (FSPF, UNPF et USPO) ont conclu un accord avec la mutuelle MTRL prévoyant la réalisation d’un bilan de prévention personnalisé en officine, rémunéré 21 euros au pharmacien.


    L’exemple à ne pas suivre : le 1 euro hors taxes (HT) attribué aux officinaux pour la distribution des masques et des antiviraux dans le cadre de la pandémie de grippe A(H1N1), qualifié « d’aumône » par de nombreux pharmaciens. D’autres idées émergeront sans doute lors des différentes conférences de Pharmagora consacrées à l’évolution de la rémunération.


    C. Micas

  • 22/03/2010: Huit missions pour le pharmacien
    Le Quotidien du Pharmacien

    Le code de la santé publique stipule désormais que les pharmaciens d’officine :


    1. contribuent aux soins de premier recours ;


    2. participent à la coopération entre professionnels de santé ;


    3. participent à la mission de service public de la permanence des soins ;


    4. concourent aux actions de veille et de protection sanitaire organisées par les autorités de santé ;


    5. peuvent participer à l’éducation thérapeutique et aux actions d’accompagnement de patients ;


    6. peuvent assurer la fonction de pharmacien référent pour un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) ;


    7. peuvent, dans le cadre des coopérations, être désignés comme correspondants au sein de l’équipe de soins par le patient. À ce titre, ils peuvent, à la demande du médecin ou avec son accord, renouveler périodiquement des traitements chroniques, ajuster, au besoin, leur posologie et effectuer des bilans de médications destinés à en optimiser les effets ;


    8. peuvent proposer des conseils et des prestations destinés à favoriser l’amélioration ou le maintien de l’état de santé des personnes.

  • 22/03/2010: Un nouvel ordre de missions pour l’officine
    Le Quotidien du Pharmacien

    Les promesses de la loi HPST


    Adoptée l’été dernier, la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) fixe de nouvelles missions aux pharmaciens. Une révolution pour l’officine et pour le système sanitaire français, en attente des décrets d’application de la loi.


    HPST. Quatre lettres pour une loi, la loi Hôpital, patients, santé et territoires, plus couramment nommée loi Bachelot. Car ce fut le grand chantier de la ministre de la Santé, pendant près de deux ans. Après des mois de concertations et d’examens au parlement, le texte de loi est publié au Journal officiel du 22 juillet 2009. Au programme de cette réforme, quatre points forts : la modernisation des établissements de santé, l’amélioration de l’accès à des soins de qualité, la prévention et l’éducation thérapeutique, l’organisation territoriale du système de soins, avec notamment l’avènement des agences régionales de santé (ARS). Rien ne semble oublié. Pourtant, au début des débats, les pharmaciens font grise mine. Ils ne sont pas directement concernés par les évolutions à venir. Invraisemblable pour l’Ordre, les syndicats, les groupements et l’association de pharmacie rurale, qui montent au créneau. Les représentants de la profession finissent par se faire entendre, en particulier des députés, qui adoptent la quasi-totalité de leurs propositions. Désormais, le code de la santé publique donne une définition élargie des missions du pharmacien d’officine. Il contribue aux soins de premier recours. Il participe à l’éducation thérapeutique du patient. Il peut être pharmacien référent au sein d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).


    Liens resserrés.


    La mobilisation de la profession ne s’arrête pas en si bon chemin. Elle parvient à instaurer la notion de pharmacien correspondant, qui révolutionne la place des officinaux au sein du système de soins français. Dans les faits, les pharmaciens peuvent, à la demande du médecin ou avec son accord, renouveler périodiquement des traitements chroniques, ajuster, au besoin, leur posologie et effectuer un bilan pour optimiser les effets de la thérapie. Dans le domaine de la contraception, les pharmaciens sont autorisés à renouveler des contraceptifs oraux pour six mois lorsque l’ordonnance expirée date de moins d’un an. Plus globalement, les liens entre la ville et l’hôpital se resserrent, avec la possibilité pour les patients de communiquer les coordonnées de leur pharmacien, afin d’améliorer la continuité des soins en quittant l’hôpital. At last, but not least, le texte introduit la notion de développement professionnel continu (DPC), regroupant la formation continue et l’évaluation des pratiques professionnelles. Mais la loi serait vaine sans ses décrets d’application. Ils doivent être publiés d’ici à l’été, selon toute vraisemblance. En visite au salon Pharmagora, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, va certainement préciser l’avancée de la rédaction des textes. D’ores et déjà, la profession est dans les starting-blocks pour relever ces nouveaux défis.

  • 22/03/2010: Perspectives du régime hyposodé sur l’incidence des pathologies cardiovasculaires
    Bibbins-Domingo K et al. NEJM 2010,362 :590-9

    Projected Effect of Dietary Salt Reductions on Future Cardiovascular Disease.


    Bien que les autorités de santé américaines aient recommandé une consommation quotidienne de sel de 5,8g dans la population tout venant et 3,7g chez les plus de 40 ans, hypertendus ou sujets de race noire, la réalité est tout autre : en effet, la consommation quotidienne de la population américaine est estimée à 10,4g de sel pour les hommes et 7,3g pour les femmes, et l’immense majorité du sel ingéré provient de la composition des produits industriels.


    Cette étude s’intéresse aux bénéfices du régime hyposodé sur l’incidence des pathologies cardiovasculaires.


    Les investigateurs de l’étude s’appuient sur un logiciel de simulation des coronaropathies utilisé en pratique courante pour évaluer l’incidence, la prévalence, la mortalité et les coûts liés aux cardiopathies ischémiques. Le risque de coronaropathie est lié à l’âge, au sexe et aux facteurs de risque bien connus (pression artérielle systolique, prise d’antihypertenseur, tabagisme, taux de LDL et HDL cholestérol, diabète). En complément de ce logiciel, on intègre une version en fonction de la population noire ou blanche. Enfin, le modèle a été modifié pour estimer l’incidence des AVC.


    On estime, en se fiant aux méta-analyses, que la relation entre la réduction de la consommation sodée et la baisse de la pression artérielle est linéaire et que la réduction de la pression artérielle est d’autant plus importante chez les noirs, les hypertendus et les plus de 65 ans.


    La réduction de 3g de sel par jour réduirait ainsi l’incidence annuelle de coronaropathies de 60 à 120 000, de l’AVC de 32 à 66 000, de l’infarctus du myocarde de 54 à 99 000 et la mortalité de 44 à 92 000. De plus, si on réduit encore de 1g la consommation de sel, on réduirait encore considérablement ces chiffres. Tous les adultes bénéficieraient du régime hyposodé et ceux qui en profiteraient le plus seraient les sujets noirs, notamment les femmes noires et de plus de 65 ans. On constate également que les effets bénéfiques sont plus marqués chez les sujets les plus sensibles au sel.


    Les effets espérés sur les AVC, les IDM et la mortalité seraient identiques à ceux attendus par la réduction du tabagisme, la perte de poids, la prise en charge du diabète et de l’HTA.


    Les mesures ont aussi un autre intérêt : elles permettraient d’économiser 10 à 24 milliards de dollars aux services de santé américains en réduisant le nombre d’hospitalisations et les prescriptions de médicaments notamment d’antihypertenseurs (diminution de 16 à 24% de l’HTA féminine et de 22 à 34% chez les hommes, donc économie de 3 à 6 milliards de dollars annuels).


    Cette étude s’intéresse aux conséquences d’une simple réduction des quantités de sodium ingérées quotidiennement aux Etats-Unis mais également dans tous les autres pays industrialisés : on observerait dans les années à venir une diminution considérable des accidents cardiovasculaires et de la mortalité probablement en réduisant la pression artérielle. Cette mesure très simple en théorie permettrait de réduire le coût des services de santé de plusieurs milliards de dollars. Alors que la mentalité tend à changer dans certains pays européens, le plus dur reste à faire : convaincre les industriels américains de commercialiser des produits en accord avec les recommandations des autorités de santé. 

  • 22/03/2010: L’Académie recommande l’automesure tensionnelle
    Le Quotidien du Pharmacien

    Avant tout traitement et chez tous les hypertendus traités


    L’Académie nationale de médecine rappelle les avantages démontrés de l’automesure tensionnelle à domicile. Dans ses recommandations, elle explique qu’il est souhaitable de confirmer l’hypertension artérielle avant toute mise en route de traitement antihypertenseur et demande aux médecins d’encourager largement la pratique.


    « Consciente des avantages démontrés de l’automesure tensionnelle à domicile, l’Académie recommande sa plus grande diffusion, accompagnée d’une amélioration des pratiques », affirment le Pr Jean-Noël Feissinger, président de la commission des maladies cardio-vasculaires de l’Académie nationale de médecine, les Drs Nicolas Postel-Vinay et Guillaume Bobrie, de l’hôpital européen Georges-Pompidou (service de médecine vasculaire et hypertension artérielle). Et à l’appui de leurs recommandations, les auteurs citent une série de bénéfices de l’automesure.


    Ainsi, elle « améliore l’exactitude et la précision du niveau tensionnel basal » avec des seuils de normalité inférieurs à ceux de la mesure tensionnelle réalisée en milieu médical : 135/85 mmHg versus 140/90 mmHg. De nombreuses études ont établi que l’atteinte des organes cibles était mieux corrélée au niveau tensionnel à domicile qu’au niveau tensionnel déterminé en milieu médical. « Surtout, les études prospectives de grande amplitude ont montré que la morbi-mortalité cardio-vasculaire était mieux prédite par le niveau tensionnel évalué à domicile que par le niveau tensionnel déterminé en milieu médical », expliquent-ils. L’un de ses intérêts principaux est de dépister l’hypertension de consultation (« effet blouse blanche ») et l’hypertension masquée. Chez les sujets traités par antihypertenseurs, « il semble exister un effet favorable de l’automesure tensionnelle sur l’observance des traitements », avec un taux de contrôle meilleur chez les hypertendus qui la pratiquent que chez ceux qui bénéficient d’un suivi conventionnel. En revanche, les études ne mettent pas en évidence de bénéfice sur l’amélioration du niveau tensionnel.


    L’Académie, également consciente que, au « cours des dernières années, l’équipement en appareils d’automesure s’est considérablement accru », met en garde contre l’utilisation des appareils de poignet en routine. Elle rappelle que « l’automesure avec un appareil équipé d’un brassard huméral est la méthode la plus fiable » et que les appareils à mémoire, téléchargement ou télétransmission doivent être préférés aux autres, les valeurs rapportées par les patients pouvant être erronées.


    Rôle des pharmaciens


    Dans ses recommandations générales, l’Académie souligne qu’il est souhaitable de réaliser un enregistrement d’automesure à domicile « chez tout sujet suspect d’hypertension artérielle avant toute mise en route de traitement médicamenteux antihypertenseur » et ce, afin de confirmer l’HTA. L’indication doit aussi être élargie à tous les sujets traités.


    Des recommandations plus spécifiques s’adressent aux professionnels de santé, aux patients et aux fabricants. D’abord aux médecins, qui « sont encouragés à conseiller largement la pratique de l’automesure tensionnelle, notamment pour tous les sujets hypertendus traités », en tenant compte des quelques contre-indications : fibrillation auriculaire, femme enceinte, anxiété excessive, enfant. L’interprétation des résultats est de leur ressort, mais il est recommandé que l’ensemble des professionnels, y compris les médecins du travail, connaissent les valeurs normales : l’analyse se fait sur l’ensemble des mesures, sauf celles du premier jour, et un minimum de 15 mesures consécutives est nécessaire.


    C’est également aux médecins, mais aussi aux infirmiers et aux pharmaciens, de « systématiquement s’assurer de la mise en place d’une éducation au geste d’automesure ».


    Les patients doivent être éduqués sur le niveau tensionnel à atteindre mais aussi sur quelques règles simples : ne pas changer de traitement eux-mêmes et informer leur médecin traitant de leurs résultats.


    Quant aux fabricants, l’Académie rappelle que les modes d’emploi accompagnant les appareils doivent être conformes aux recommandations cliniques établies par les sociétés scientifiques.


    En pratique


    Les patients sont encouragés à procéder à une campagne d’automesure la semaine précédant une consultation médicale. Les séances ont lieu pendant 5 jours, matin et soir, avant la prise des médicaments et le repas. Après 5 minutes de repos et 30 minutes sans tabac ou café, 3 mesures sont réalisées à 1-2 minutes d’intervalle, le patient étant en position assise, dos maintenu, bras sur la table, jambes non croisées, pieds au sol, immobile, relaxé, ne parlant pas, le brassard huméral correctement placé. En l’absence de mémoire de l’appareil, les résultats doivent être recopiés manuellement.


    Les limites de la méthode


    L’automesure tensionnelle, même réalisée selon une méthode fiable (appareil équipé d’un brassard huméral), comporte certaines limites qui rendent indispensable la formation précise des utilisateurs. Elle peut induire une anxiété conduisant à un nombre excessif de mesures ; elle peut entraîner des modifications intempestives de traitements. Par ailleurs, elle ne permet pas d’évaluer le cycle nycthéméral, en particulier la pression artérielle nocturne, dont l’intérêt pronostique est établi.


    Dr Lydia Archimède

  • 15/03/2010: Plus de cigarettes, moins d’aides au sevrage
    Le Quotidien du Pharmacien

    Le recul du tabagisme a marqué le pas l’an dernier, selon le bilan de l’OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies : les données sont accessibles sur le site www.ofdt.fr. Le volume total de tabac vendu (64 664 tonnes) a augmenté de 2 % et les cigarettes de 2,6 %. Les ventes de tabac à rouler ont certes régressé (de 1,9 %), mais comme ce dernier ne représente que 11 % du total des ventes, l’impact a été limité. L’OFDT note que l’évolution des ventes de cigarettes semble fortement liée à celle des prix. La hausse intervenue en novembre pourrait donc produire ses effets en 2010.


    Le recul de la lutte contre le tabagisme est aussi visible dans la diminution des ventes en pharmacie de traitements pour l’arrêt du tabac et du nombre de personnes traitées : 1,345 million en 2009 – le niveau le plus bas depuis 2001 – contre 1,713 l’année précédente, soit 21,5 % de moins. Dans le détail, les substituts sous formes orales résistent à la baisse et deviennent la forme de traitement largement majoritaire, alors que le Champix et surtout les timbres transdermiques connaissent un net recul.


    En revanche, les consultations de tabacologie ont accueilli davantage de nouveaux patients (14,7 en moyenne contre 13,9), en majorité (58 %) adressés par des professionnels de santé, et le délai d’attente pour un premier rendez-vous s’est allongé (12 jours au lieu de 11). Les lignes de Tabac Info Service ont été également davantage sollicitées : 11 500 appels de plus, pour un total de 33 106 en premier niveau (documentation, réponse à des questions simples, prise de rendez-vous avec un tabacologue). Les tabacologues ayant pour leur part traité 13 728 appels. La simplification du numéro d’appel, devenu le 39.89, explique en partie le succès grandissant de Tabac Info Service. S’y ajoute la réussite du site www.tabac-info-service.fr avec le coaching personnalisé mis en place en septembre et qui a bénéficié à 10 000 inscrits.

  • 11/03/2010: L’Académie de médecine recommande l’automesure tensionnelle
    Quotipharm.com

    « Toutes les études ne mettent pas en évidence de bénéfice de l’automesure sur l’amélioration du niveau tensionnel des sujets traités par des médicaments antihypertenseurs » reconnaît l’Académie de médecine dans un communiqué. Mais elle constate dans le même temps que le taux de contrôle est souvent meilleur chez les hypertendus suivis par automesure que chez les sujets suivis de façon conventionnelle. Pour l’institution médicale, il existerait donc un effet favorable de l’automesure tensionnelle sur l’observance des traitements antihypertenseurs. Dans ce contexte, l’Académie encourage les médecins à conseiller largement la pratique de l’automesure tensionnelle, notamment pour tous les sujets hypertendus traités, dans le respect de quelques limites (fibrillation auriculaire, femme enceinte, anxiété excessive, enfant). Médecins, mais aussi infirmiers et pharmaciens doivent systématiquement s’assurer de la mise en place d’une éducation au geste d’automesure, détaille-t-elle, tout en soulignant que l’interprétation des résultats de mesure reste du ressort du médecin. « L’analyse des résultats se fait sur l’ensemble des mesures, sauf celles du 1er jour qui ne sont pas prises en compte. Pour interpréter une campagne d’automesure, un minimum de 15 mesures consécutives est requis », rappelle enfin l’Académie de médecine.