Diabète : nous sommes encore loin du compte

Diabète : nous sommes encore loin du compte

7 décembre 2015 - 17 h 49 min
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Le dernier bulletin BEH de l’Institut de veille sanitaire est particulièrement riche d’enseignement sur la prise en charge du diabète en France. Les chiffres de 2013, montrent que les complications cardiovasculaires (infarctus et AVC) du diabète touchent respectivement 12?000 et 18?000 patients diabétiques. 8?000 amputations ont été la conséquence d’une plaie de pied lié à un diabète sur les 20?000 patients hospitalisés pour cette raison. Ces chiffres sont stables depuis 3 ans. Les failles du suivi des personnes souffrant d’un diabète restent donc importantes et préoccupantes.

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Pourquoi est-ce si difficile??

Alors que près de 5 %  (4,7 %) de la population bénéficie d’un traitement pour un diabète. Ces trois millions de personnes ne sont pourtant pas à l’abri de complications pourtant en grande partie évitables.

Il est certain que la régularité de la prise des traitements et le suivi des mesures hygiénodiététiques et plus particulièrement l’exercice physique ne sont pas satisfaisant. L'aide que nous pouvons apporter pour  motiver les patients souffrant de cette pathologie chronique à mieux prendre en charge leur maladie est dès lors nécessaire.

Pour autant, cette aide se heurte à des spécificités et des comportements si particuliers que la seule information est insuffisance. Il faut y ajouter un travail de proximité pour rendre le patient plus actif dans la gestion d’une pathologie qui ne le fait pas souffrir et qu’il a bien du mal à se représenter.

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Que peut faire le pharmacien

Trop de complications apparaissent chez des patients non pris en charge (30 % des patients). Il est donc essentiel de favoriser la détection de la maladie, en favoriser les opportunités de pratiquer une détection efficace.

Le pharmacien peut utilement rappeler l’importance de ce suivi biologique auprès de son patient. Bien que les chiffres soient en augmentation depuis 2007 et montrent qu’une prise de conscience des acteurs de soin est réelle, trop de patients ne bénéficient pas des dosages d’hémoglobine glyquée (51 %), de la créatinine et de la micro-albuminurie recommandés par an.

 

La prise régulière d’un traitement parfois complexe et non dénué d’effets secondaires est difficile surtout lorsque la motivation s’émousse et que le sentiment de fatalité s’accroît. Le pharmacien peut agir efficacement lors des inaugurations de traitement et plus particulièrement lors de l'institution du normoglycémiant de référence (voir la recommandation du CVAO) en donnant une information transparente (effets secondaires, possibilité de les limiter…) et en ouvrant un dialogue centré sur la pratique pour établir avec son patient la bonne utilisation du nouveau traitement. L'équipe officinale peut aussi intervenir lors des périodes sensibles comme la déclaration par le patient de la non-atteinte ou de l’aggravation de ses constantes biologiques, le retour d'une consultation ou tout simplement la manifestation d'une inquiétude.

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Attention à ne pas être contre-productif

Le rappel constant à une bonne observance du traitement n’est pas obligatoirement une bonne idée. Elle peut favoriser un stress particulièrement contre-productif en donnant l’impression que le patient est fautif ou incapable de suivre un traitement. Il est bien préférable de le sortir de son apparente inaction en recherchant avec lui des solutions efficaces et qu’il sera capable de mettre en œuvre.

 

Référence : http://www.invs.sante.fr/beh/2015/34-35/pdf/2015_34-35.pdf

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