Hypothyroïdie et L-Thyroxine

Hypothyroïdie et L-Thyroxine

21 décembre 2017 - 16 h 17 min
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La prévalence de l’hypothyroïdie varie de 3 à 10 % en fonction des études et, surtout, des populations étudiées, avec une prédominance féminine (sexe-ratio 2 à 3). Selon la HAS, dans la population française, 1,9 % des hommes et 3,3 % des femmes ont les critères d’une hypothyroïdie fruste (c’est-à-dire non avérée). La prévalence est plus élevée chez les femmes âgées de plus de 60 ans, en cas d’antécédents thyroïdiens ou de traitement potentiellement thyréotoxique (amiodarone, lithium, interféron ou autres cytokines). On considère que, dans un cas sur trois, l’hypothyroïdie fruste se convertira en hypothyroïdie avérée.

On recense moins 4000 cas cancers de la thyroïde et plus particulièrement les femmes (sex-ratio 1 pour 3). Sa fréquence augmente (+ 6 % par an entre 1980 et 2005). Selon l’InVs l’accident de Tchernobyl n’explique pas cet accroissement. L’exposition aux rayonnements ionisants (externe, par inhalation ou ingestion), la carence en iode, des facteurs nutritionnels, reproductifs, menstruels, hormonaux, anthropométriques sont en revanche particulièrement suspectés. L’exposition à des polluants environnementaux chimiques comme les pesticides, connus pour être des perturbateurs endocriniens, ainsi que des facteurs génétiques prédisposants sont également évoqués.

L’ablation de la thyroïde est efficace avec un taux de guérison de plus de 90 % sans récidives fréquentes. L’intervention chirurgicale est souvent complétée par l’administration d’iode 131.

Traitement substitutif par lévothyroxine (L-T4)

La thyroïde produit deux hormones riches en iode, la thyroxine (T4) et la tri-iodothyroxine (T3). Le traitement de référence est la lévothyroxine (L-T4). Cette dernière est métabolisée en T3, ce qui rend la supplémentation en T3 particulièrement exceptionnelles uniquement lorsqu’une correction plus rapide de T3 est indispensable. Selon les données Médic’am, 35 millions de boîtes de levothyroxine ont été remboursées en 2016. On peut en conclure qu’environ 3 millions de personnes prennent journellement ce traitement.

Alors que l’ablation complète de la thyroïde oblige à une supplémentation en T4. Sa prescription en cas d’hypothyroïdie fruste, n’apporte pas d’avantages cliniques ni d’amélioration de la qualité de vie. Elle est indiquée pour éviter une chronicisation de l’hypothyroïdie.

La posologie et l’étroitesse de la marge thérapeutique nécessitent que le traitement par L-thyroxine soit suivi et équilibré. Le marqueur biologique utilisé est la THS (thyréostimuline). Cette hormone est sécrétée par l’hypophyse. Elle régule la sécrétion des hormones thyroïdiennes. Une augmentation de son taux sanguin signe la faiblesse de la production des hormones thyroïdiennes.

Les médicaments contenant de la L-T4 doivent être pris le matin à jeun. L’instauration du traitement oblige à des précautions rigoureuses. Il existe en effet un risque d’aggravation des cardiopathies (angor, infarctus du myocarde, troubles du rythme) si l’accroissement des posologies est trop rapide. La L-T4 potentialise l’effet des AVK, réduit celui des antidiabétiques et d’autres médicaments inducteurs enzymatiques (phénytoïne, rifampicine, carbamazépine) peuvent entraîner des sous-dosages. Son absorption est diminuée par la prise conjointe de sels de fer, cholestyramine, calcium et certains antiacides.

Chez l’adulte, le traitement est habituellement dosé entre 100 et 150 mg en dehors des hypothyroïdies postchirurgicales (en l’absence de pathologies cardiaques), pour lesquelles le traitement peut être commencé d’emblée entre 1 et 2 mg kg/jour. Dans les autres cas, il est nécessaire de débuter avec un dosage à 25 mg jour puis d’augmenter par palier de 25 mg par semaine.

Complexité et dosage

L’ANSM recommandait en mai 2010 que tous changements de spécialité nécessitaient une surveillance clinique, voire biologique.

Un dosage inapproprié et/ou sa variation peuvent faire apparaître des symptômes d’hypothyroïdie ou d’hyperthyroïdie ou semblables à ceux-ci. La diversité de ces symptômes, leurs variabilités, comme la complexité et l’étroitesse de la marge thérapeutique des médicaments font le lit de réactions complexes dont l’interprétation et la causalité seront difficiles à dénouer.

Il apparait aujourd’hui que l’accompagnement de changement de traitement aussi complexe doit faire l’objet d’une information et d’un suivi rigoureux prenant en compte sans jugement le ressenti du patient.

* Source: 

Avis de la commission de la transparence du 10 mars 2010 Levothyrox

Évolution de l’incidence du cancer de la thyroïde en France métropolitaine. Bilan sur 25 ans. InVs

Livret Le cancer de la thyroïde. Institut Gustave-Roussy

Recommandation HAS. hypothyroïdie fruste chez l’adulte : diagnostic et prise en charge avril 2007

Vidal Reco. Article hypothyroïdie mis à jour 20/09/2012

 

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