Haro sur les vaccins !

Haro sur les vaccins !

16 novembre 2017 - 17 h 14 min
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Nos sociétés bougent de plus en plus selon la tectonique des plaques. Dans la patrie de Pasteur, des voix s’élèvent pour condamner avec véhémence l’obligation vaccinale. L’aluminium contenu dans nos vaccins entrainerait des risques inacceptables pour nos têtes blondes. Le vaccin serait une thérapeutique à risque et nos enfants en pâtiraient.

Que voulons-nous ?

Il est évident que la sécurité surtout en médecine devient le maître-mot. Il est certain que le risque doit être d’autant plus mesuré que le traitement est préventif.

Les pourfendeurs de la vaccination souhaitent le risque zéro, c’est-à-dire l’impossible. Pour eux, les résultats obtenus depuis maintenant près de 2 siècles par cette méthode thérapeutique ne sont pas suffisants pour accepter un risque qu’ils ne peuvent pas démontrer manquant cruellement de preuve.

Il serait pourtant dangereux de vouloir traiter par le mépris les personnes qui s’interrogent sincèrement. Leurs paroles doivent être entendues afin d’en discerner les craintes rationnelles et irrationnelles. Le dogmatisme pro ou contre est délétère alors qu’un débat lucide et dépassionné devient nécessaire.

Que font ces détracteurs ?

Ne créent-ils pas la confusion et n’ont-ils pas tendance « à jeter bébé avec l’eau du bain » ? Ils affirment que la vaccination est nécessaire, mais que l’élargissement de son obligation répond à des considérations mercantiles. Ils considèrent sans élégance que notre ministre serait sous la coupe exclusive de conseillers pro vaccination ; sous-entendant qu’elle ne peut être sincère dans ses prises de position.

Agnès Buzyn est une vraie scientifique dont les travaux ont été à un autre moment montrés en exemple. Elle revendique de par son choix stratégique son attachement à une politique de santé axée sur la prévention.

Qui sont ces détracteurs ?

Il est étonnant que des personnalités émérites parlent de « corrélations temporelles » entre des vaccinations et l’apparition de pathologies graves. On peut être surpris que des esprits brillants installent la confusion entre corrélation et causalité. Il y a tout de même un pas entre soupçon et réalité avérée.

On s’étonnera sur un autre plan que des personnalités qui ne peuvent s’arroger d’aucune publication sérieuse ni compétence scientifique avérée affirment leur dogmatisme dans des envolés lyriques inadéquates et pourtant dangereuses.

Refuser de faire vacciner ses enfants

Mettre la vaccination au niveau du pari pascalien est hasardeux. Faut-il que des enfants pâtissent de la croyance de leurs parents ? Que diront ces parents lorsqu’ils apprendront que leur fils est séropositif à l’hépatite B ? Que diront ces personnes quand ils apprendront que leur père a contracté le tétanos faute d’avoir été à jour de ses vaccinations ? Que diront-ils lorsque des maladies éradiquées réapparaitront faute d’une couverture vaccinale suffisante ?

Ne serait-il pas nécessaire de différencier l’intérêt personnel de l’intérêt commun de santé publique ?

Vaincre le paradoxe

La vaccination a démontré son efficacité dans nos pays riches. Elle a démontré son utilité dans les pays pauvres et sur des populations démunies. Pourtant, le front anti-vaccination grossit.

La bronca n’est pas tellement celle de ses opposants historiques qui la rejettent parce que « non naturelle ». Elle nait d’un refus de l’obligation, de l’injonction. Hier, le patient acceptait sans rechigner la thérapeutique ordonnée par son médecin. Aujourd’hui, il veut être convaincu. Si, de plus, une campagne s’instaure en jouant sur la fibre sentimentale. Alors la confusion s’installe et le refus s’enracine.

Affirmer est simple ; expliquer est complexe. Il faudra beaucoup de pédagogie pour contrecarrer les coups de menton et revenir à un débat serein, équilibré et convaincant. D’autant plus lorsqu’aujourd’hui les faits sont pollués par des thèses complotistes affirmant le rôle vicieux des firmes pharmaceutiques.

Imaginons que demain soit commercialisé un vaccin contre le VIH ou une immunothérapie efficace contre certains cancers et demandons-nous ce que feront nos détracteurs ?

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